Page:Doyle - Les recrues de Monmouth, trad. Savine, 1911.djvu/155

Cette page n’a pas encore été corrigée


file de chevaux de bât, dont la charge consistait principalement en ballots de laine arrivèrent fort espacés par un chemin, de traverse.

Les conducteurs nous ôtèrent leurs chapeaux et nous souhaitèrent bon voyage.

À Dunbridge, les habitants commençaient à se mettre en mouvement.

Ils enlevaient les volets des cottages et venaient à la barrière de leurs jardins pour nous voir passer.

Lorsque nous entrâmes à Dean, le grand soleil rouge élevait son globe rosé au-dessus de l'horizon.

L'air s'emplissait du bourdonnement des insectes et des doux parfums du matin.

Nous mîmes pied à terre dans le dernier village et bûmes un verre d'ale pendant que nos chevaux se reposaient et se désaltéraient.

L'hôtelier ne put nous donner aucun renseignement au sujet des insurgés et paraissait d'ailleurs se soucier fort peu que l'affaire tournât dans un sens ou dans l'autre.

-Tant que le brandy paiera un droit de six shillings huit pence par gallon et qu'avec le fret et le coulage il reviendra à une demi-couronne, dont je compte bien tirer douze shillings, peu m'importe que tel ou tel soit roi d'Angleterre. Parlez-moi d'un roi qui empêcherait la maladie du houblon, je suis son homme.

Telle était la politique de l'hôtelier, et j