Page:Doyle - Les recrues de Monmouth, trad. Savine, 1911.djvu/148

Cette page n’a pas encore été corrigée


cape. Il y a pas mal de chemin entre une mosquée et un conventicule. Mais n'ayez pas la tête si chaude, mon ami. Il vous manque cette égalité de caractère que vous acquerrez, sans aucun doute, en vos années de maturité. Comment! mon garçon, moins de cinq minutes après m'avoir vu, vous allez m'assommer à coups de rame, et depuis lors vous avez toujours été sur mes talons comme un chien de meute, tout prêt à donner de la voix, pour peu que je mette le pied sur ce que vous appelez la ligne droite. Songez-y, vous allez vous trouver au milieu de gens qui se battent à l'occasion de la moindre querelle. Un mot de travers et un coup de rapière se suivent de près.

-Êtes-vous dans ces dispositions-là ? répondis-je avec vivacité. J'ai le caractère paisible, mais des menaces déguisées, des bravades voilées, je ne les tolérerai pas.

-Diantre! s'écria-t-il, je vois que vous vous disposez à me couper en morceaux et à m'envoyer ainsi par morceaux au camp de Monmouth. Non, nous aurons assez à nous battre, sans nous chercher noise mutuellement. Quelles sont ces maisons, à gauche ?

-C'est le village de Swathling, répondis-je. Les lumières de Bishopstoke brillent à droite, dans le creux.

-Alors nous avons fait quinze milles de notre trajet, et il me semble qu'on voit déjà une