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risonniers. J'acquis assez d'influence sur les geôliers, pour me faire ouvrir les portes, et on me laissa sortir, à condition de me présenter une fois par jour à la porte de la prison. Et quel emploi fis-je de ma liberté ? Vous en doutez-vous ?

-Non, vous êtes capable de tout, dis-je.

-Je me rendis aussitôt à leur principale mosquée, celle de Sainte-Sophie. Quand les portes s'ouvraient et que le muezzin lançait son appel, j'étais toujours le premier à accourir pour faire mes dévotions et le dernier à les cesser. Si je voyais un Musulman frapper de son front le pavé une fois, je le frappais deux fois. Si je le voyais pencher le corps ou la tête, je m'empressais de me prosterner.

«Aussi ne se passa-t-il guère de temps avant que la piété du Gnaim ne devint le sujet des conversations de toute la ville, et on me fit présent d'une cabane pour m'y livrer à mes méditations religieuses.

«J'aurais pu fort bien m'en accommoder, et à vrai dire j'avais pris le ferme parti de me poser en prophète et d'écrire un chapitre supplémentaire pour le Koran, lorsqu'un sot détail inspira aux fidèles des doutes sur ma sincérité.

«Bien peu de choses d'ailleurs.

«Une bécasse de donzelle se laissa surprendre dans ma cabane par quelqu'un qui venait me consulter sur quelque point de doctrine; Mais il n'en fallut pas davantage pour mettre