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Monsieur Saxon était assis dans le lit et jetait autour de lui des regards fixes, comme s'il ne savait pas très bien où il était.

Il avait noué un mouchoir blanc autour de sa tête, en guise de bonnet de nuit, et son visage aux traits durs, rasé de près, vu sous cet abri, contribuait avec son corps osseux, à lui donner l'air d'une gigantesque vieille femme.

La bouteille d'usquebaugh vide était posée à côté de son lit.

Évidemment les craintes s'étaient réalisées.

Il avait eu une attaque de fièvre persane.

-Ah! mon jeune ami, dit-il enfin, c'est donc l'usage dans cette partie du pays, de prendre d'assaut ou par escalade les chambres de vos hôtes, aux premières heures du matin ?

-Est-ce l'habitude, répondis-je d'un ton rude, de barricader votre porte quand vous dormez sous le toit d'un honnête homme! Qu'aviez-vous à craindre pour prendre une précaution de ce genre!

-Bon! vous êtes un mangeur de feu! répondit-il en se renversant de nouveau sur l'oreiller et ramenant les draps sur lui, un feuerkopf, comme disent les Allemands, ou plutôt un tollkopf mot qui, pris dans son sens propre signifie tête folle. Votre père, à ce que j'ai appris, était un homme vigoureux et violent, quand le sang de la jeunesse circulait dans ses veines; mais, autant que je puis en juger, vous n'êtes pas en