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bonnes, et toute la troupe gambader autour du feu.

C’était un homme très doux, tranquille, comme on le savait dans tout le pays, et voilà qu’il se prenait le rôle du vieux Nick à la danse du Sabbat, qu’il tournait en clopinant et brandissant sa pinte au-dessus de sa tête.

Nous arrivâmes au pas de course.

Il n’en mit que plus d’entrain à l’agiter, quand il nous vit approcher.

— La paix ! braillait-il ! Hourra ! mes enfants, la paix !

À ces mots, nous nous mîmes aussi à danser et chanter, car depuis si longtemps, que nous en avions perdu le souvenir, on ne parlait que de guerre.

On était excédé ; l’ombre avait plané si longtemps au-dessus de nous, que nous étions tout étonnés de sentir qu’elle avait disparu.

Vraiment c’était un peu trop fort à croire, mais le major dissipa nos doutes par son dédain.

— Mais oui, mais oui, c’est vrai, s’écria-t-il en s’arrêtant, et appuyant la main sur son