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vais rien de bien plaisant dans la nouvelle.

Le surlendemain, je me rendais à Corriemuir par le sentier des moutons quand je rencontrai Jim en personne, qui marchait à grands pas.

Mais ce n’était plus le gros gaillard plein de bonhomie qui avait partagé notre soupe l’autre matin.

Il n’avait ni col, ni cravate. Son gilet était défait, ses cheveux emmêlés, sa figue toute brouillée, comme celle d’un homme qui a passé la nuit à boire.

Il tenait un bâton de frêne, dont il se servait pour cingler les genêts de chaque côté du sentier.

— Eh bien, Jim, dis-je.

Mais il me jeta un de ces regards que je lui avais vus plus d’une fois à l’école, quand il avait le diable au corps, qu’il se savait dans son tort et mettait toute sa volonté à s’en tirer à force d’effronterie.

Il ne me répondit pas un mot. Il me dépassa sur le sentier étroit et s’éloigna d’un pas incertain, toujours en brandissant son bout de frêne et abattant les broussailles.