Page:Doyle - La Grande Ombre.djvu/29

Cette page a été validée par deux contributeurs.



Elle donna au voiturier tout ce qu’il lui demanda, et en plus une belle pièce de deux pence, à laquelle il n’avait aucun droit.

Elle ne faisait pas plus de cas de la bière au gingembre que si c’eût été de l’eau, et il lui fallait du sucre pour son thé, du beurre pour son pain, tout comme si elle avait été une Anglaise.

Je ne faisais pas grand cas des jeunes filles en ce temps-là, car j’avais peine à comprendre dans quel but elles avaient été créées.

Aucun de nous, chez Birtwhistle, n’avait beaucoup pensé à elles, mais les plus petits semblaient être les plus raisonnables, car quand les gamins commençaient à grandir, ils se montraient moins tranchants sur ce point.

Quant à nous, les tout petits, nous étions tous d’un même avis : une créature qui ne peut pas se battre, qui passe son temps à colporter des histoires, et qui n’arrive même à lancer une pierre qu’en agitant le bras en l’air aussi gauchement que si c’était un chiffon, n’était bonne à rien du tout.

Et puis il faut voir les airs qu’elles se donnent : on dirait qu’elles font le père et la