Page:Doyle - La Grande Ombre.djvu/262

Cette page a été validée par deux contributeurs.


son regard provocateur, de jadis, avec ses dents éclatantes.

Aussi je me la rappellerai toujours, brillante et mobile comme une goutte de mercure.

Lorsque je rejoignis mon camarade en bas dans la rue, je vis à la porte une belle voiture à deux chevaux ; je devinai alors qu’elle m’avait prié de m’esquiver furtivement, pour que ses nouveaux amis du grand monde ne vissent jamais les gens du commun avec lesquels elle avait vécu dans son enfance.

Elle n’avait fait aucune question sur Jim, ni sur mon père et ma mère, qui avaient eu tant de bonté pour elle.

Bah ! elle était ainsi faite, elle ne pouvait pas plus s’en dispenser qu’un lapin ne peut s’empêcher d’agiter son bout de queue ; et pourtant, cette pensée me fit grand’peine.

Neuf mois après, j’appris qu’elle avait épousé ce même comte de Beton, et elle mourut en couches un an ou deux plus tard.

Quant à nous, notre tâche était accomplie.

La grande ombre avait été chassée de dessus l’Europe ; elle ne viendrait plus s’al-