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Mais quand nous eûmes à traverser leur pays, quand nous vîmes leurs charmantes petites fermes, et les bonnes gens si tranquillement occupés au travail des champs et les femmes tricotant au bord de la route, la vieille grand’maman, en vaste coiffe blanche, grondant le bébé pour lui apprendre la politesse, tout nous parut si empreint de simplicité domestique, que j’en vins à ne pouvoir comprendre pourquoi nous avions si longtemps haï et redouté ces bonnes gens.

Je suppose que, dans le fond, l’objet réel de notre haine, c’était l’homme qui les gouvernait, et maintenant qu’il était parti et que sa grande ombre avait disparu du pays, tout allait reprendre sa beauté.

Nous fîmes assez joyeusement le trajet, en parcourant le pays le plus charmant que j’eusse jamais vu, et nous arrivâmes ainsi à la grande cité.

Nous nous attendions à y livrer bataille, car elle est si peuplée, qu’en prenant seulement un homme sur vingt, on formerait une belle armée. Mais, cette fois, on avait recon-