Page:Doyle - La Grande Ombre.djvu/247

Cette page a été validée par deux contributeurs.


venaient deux sergents, tenant de longues bandes de papier et un crayon.

— Réveillez-vous, mon garçon, dit le major, retrouvant sa bonhomie comme si nous étions de nouveau à Corriemuir.

— Oui, major, balbutiai-je.

— Je vous prie de venir avec moi. Je sens que je vous dois quelque chose à tous deux, car c’est moi qui vous ai fait quitter vos foyers. Jim Horscroft est manquant.

Je sursautai à ces mots, car avec cette attaque furieuse, et la faim, et la fatigue, j’avais complètement oublié mon ami depuis qu’il s’était élancé contre la Garde française, en entraînant tout le régiment.

— Je suis en train de faire le relevé de nos pertes, dit le major, et si vous vouliez bien venir avec moi, vous me feriez grand plaisir.

Nous voilà donc en route, le major, les deux sergents et moi.

Oh ! certes, c’était un terrible spectacle, si terrible, que malgré le nombre d’années qui se sont écoulées, je préfère en parler le moins possible.

C’était bien horrible à voir dans la cha-