Page:Doyle - La Grande Ombre.djvu/238

Cette page a été validée par deux contributeurs.


nous, tandis que le 95e débordait d’un côté, et le 52e de l’autre côté.

Je croirai toujours que si nous étions restés à l’attendre, la Garde nous aurait enfoncés, car comment arrêter une telle colonne avec une ligne de quatre hommes d’épaisseur ?

Mais à ce moment-là, Colburne, le colonel du 52e, reploya son flanc gauche de manière à le placer parallèlement à la colonne, ce qui contraignit les Français à s’arrêter.

Leur ligne de front était à une quarantaine de pas de nous, et nous pûmes les voir à notre aise.

Il m’a toujours paru plaisant de me rappeler que je m’étais toujours figuré les Français comme des hommes de petite taille.

Or, il n’y en avait pas un seul, dans cette première compagnie, qui ne fût capable de me ramasser comme si j’étais un gamin, et leurs hauts bonnets à poil les faisait paraître plus grands encore.

C’étaient des gaillards endurcis, tannés, nerveux, aux yeux farouches et bridés, aux moustaches hérissées, ces vieux soldats qui