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nous avait donné un bel assortiment de filets, de sorte que ce présent nous rapporta bon nombre de livres.

Quelquefois, de Lapp s’y embarquait seul, et je l’ai vu pendant tout un été ramant lentement, s’arrêtant tous les cinq ou six coups de rame, pour jeter une pierre attachée au bout d’une corde.

Je ne compris rien à sa conduite jusqu’au jour où il me l’expliqua de son propre gré.

— J’aime à étudier tout ce qui a du rapport aux choses de la guerre, dit-il, et je n’en laisse jamais échapper une occasion. Je me demandais s’il serait difficile à un commandant de corps d’armée d’opérer un débarquement ici.

— Si le vent ne venait pas de l’Est, dis-je.

— Oui, s’est bien cela, si le vent ne venait pas de l’Est. Avez-vous pris des sondages ici ?

— Non.

— Votre ligne de vaisseaux de guerre serait forcée de se tenir au large, mais il y a ici assez d’eau pour qu’une frégate de quarante canons puisse approcher jusqu’à portée de fu-