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se dressaient, encadrant une lourde grille en fer. Le mur qui, jadis, formait l’enceinte du domaine tombait en ruines, mais le portail s’élevait, encore majestueux, au milieu des ronces et des mauvaises herbes qui avaient poussé à sa base. Les Prussiens le contournèrent et avancèrent avec précaution sous un dôme de chênes qui formaient une longue avenue où les feuilles des arbres, amoncelées par l’automne, étouffaient le bruit de leurs pas.

Arrivés au but, ils firent halte afin de bien reconnaître les environs.


L’ARRIVÉE AU CHÂTEAU MYSTÉRIEUX.


Le Château-Noir était devant eux. Tout était silencieux ; une lumière solitaire brillait à l’une des fenêtres du rez-de-chaussée.

Le capitaine murmura des ordres à ses troupes. Une partie devait s’assurer de la porte principale ; une autre, de celle de derrière. Enfin des hommes furent désignés pour surveiller le côté est ; d’autres, le côté ouest de la demeure. Accompagné du sergent, Baumgarten s’approcha sur la pointe des pieds de la fenêtre éclairée.

Ils aperçurent une petite pièce humblement meublée. Un homme d’un certain âge, paraissant être un domestique, était assis, lisant les lambeaux d’un journal à la lueur d’une chandelle fumeuse. Il était allongé dans une chaise de bois, et ses pieds reposaient sur une boîte ; une bouteille de vin blanc et un verre étaient placés sur un tabouret à côté de lui.



Le sergent brisa une vitre avec le canon de son fusil, l’homme poussa un cri et se leva instantanément.

— Silence, si vous tenez à votre peau ! dit le capitaine ; la maison est cernée, et toute résistance est impossible. Ouvrez-nous la porte, sinon gare à vous.

— Ne tirez pas, pour l’amour de Dieu ! je vous ouvrirai… je vais vous ouvrir, s’écria le pauvre diable.

Il sortit de l’appartement après avoir vivement froissé son journal dans ses