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matin pour aller avec lui chez les Sneguirev ; mais il lui avait surtout recommandé de n’en parler à personne, car il désirait arriver sans être attendu.

Smourov avait obéi, mais il n’avait eu l’espérance de lui voir amener Joutchka qu’en raison de quelques paroles échappées par hasard : « Ce sont tous des ânes pour ne pouvoir trouver un chien s’il est vivant. »

Pourtant, quand Smourov fit part à Krasotkine de ses idées relatives à ce que le chien n’était peut-être pas perdu, son ami lui avait répondu d’un ton fort irrité :

— Il faudrait que je fusse un âne pour chercher dans la ville les chiens des autres quand j’ai mon Pérezvon. Et puis, il faut être fou pour penser qu’un chien qui a avalé une épingle puisse être encore en vie. Tout cela n’est que de la sentimentalité !