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petit, vous savez, qui est venu avec moi et qui toujours m’a été très attaché. — « Je verrai plus tard si je peux continuer à te garder mon amitié ou si je dois pour toujours t’abandonner comme un misérable. »

Mes paroles le frappèrent terriblement, et déjà, je vous l’avoue, je sentais que peut-être j’avais été trop loin. Mais que pouvais-je faire, puisque je le pensais.

Le lendemain, j’envoie Smourov pour l’avertir que « je ne lui parle plus », car c’est ainsi qu’on rompt chez nous ses relations avec un camarade.

J’avais l’intention de l’éprouver pendant quelques jours, puis de lui tendre la main en voyant son repentir.

C’était du moins ma ferme intention. Eh bien, que pensez-vous qu’il fit ? Après avoir écouté Smourov, ses yeux s’allumèrent : « Dis de ma part à Krasotkine, s’écria-t-il, que maintenant je vais jeter