Page:Dostoïevski - Les Précoces.djvu/75

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



On a donc taquiné Ilioucha. Pour moi, comme j’étais de deux classes au-dessus, j’ai vu cela de loin. Je remarque un petit garçon faible qui ne se soumet pas, mais va jusqu’à se battre avec les enfants, tout fier de cela et les yeux en feu. Moi, j’aime ces natures-là. Les enfants continuaient à le taquiner de plus en plus. Il avait par-dessus le marché un mauvais paletot, des pantalons courts et des bottines déchirées ; ce fut une raison de plus pour lui en vouloir. On l’humilia donc. C’est une chose que je n’aime pas ; aussi je l’ai défendu et j’ai corrigé les autres, ce qui ne les empêchait pas de m’adorer, ces enfants — ajouta Kolia avec orgueil. — D’ailleurs, j’aime bien les enfants ; même en ce moment, j’ai chez moi deux pigeons, et c’est à cause d’eux que je suis en retard… Donc Ilioucha ne fut plus battu et passa sous