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suis toujours bien aise de lui rendre justice.

— Pourquoi lui as-tu fait croire qu’on nous fouette ? demanda Smourov.

— Mais c’était pour lui faire plaisir.

— Comment cela ?

— Vois-tu, Smourov, je n’aime pas qu’on me fasse des questions si on ne me comprend pas au premier mot. Il y a certaines choses qui s’expliquent difficilement, qu’on ne peut même pas expliquer. Pour les moujiks, on fouette un écolier, et il faut le fouetter. Qu’est-ce que ce serait qu’un écolier qu’on ne fouetterait pas ? Et j’irais lui dire que chez nous on ne le fait pas ? Mais cela le chagrinerait. Tu ne comprends d’ailleurs rien à cela. Il faut savoir parler au peuple.

— Seulement ne les taquine pas, je t’en prie, car il arriverait une histoire comme l’autre jour avec cette oie.

— Toi, tu as peur !