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pas. Tu vois bien que c’est un bon garçon. — Adieu, Mathieu !

— Adieu !

— Tu t’appelles donc Mathieu ?

— Mais oui ; tu ne savais pas ?

— Non, je ne savais pas, j’ai dit cela comme autre chose.

— Vraiment. Tu es un écolier, n’est-ce pas ?

— Écolier.

— Eh bien, est-ce qu’on te fouette ?

— Non, pas tout à fait, mais comme cela.

— Et cela te fait mal ?

— Ce n’est pas pour dire.

— Ah quelle vie ! dit le moujik avec un soupir qui partait du cœur.

— Adieu ! tu es un bon garçon, voilà ce que je te dis.

Les gamins continuèrent leur route.

— C’est un bon moujik, dit Kolia. J’aime à parler avec le peuple, et je