Page:Dostoïevski - Les Précoces.djvu/39

Cette page a été validée par deux contributeurs.


— Je t’en donnerai un peu ; voilà ; mais ne le montre pas à ta maman avant mon retour, car elle croira que c’est de la poudre, aura peur et vous fouettera.

— Maman ne nous fouette jamais, fit remarquer bien vite Nastia.

— Je le sais, je l’ai dit seulement pour la phrase. Vous ne trompez pas votre maman, mais aujourd’hui vous ne direz rien avant que je ne revienne. Enfin, bambins, puis-je m’en aller ? Vous ne pleurerez pas de peur quand je serai parti ?

— Nous pleurerons, dit Kostia d’une voix traînante et comme s’il se préparait à pleurer.

— Oui, nous pleurerons, nous pleurerons certainement, ajouta tout de suite Nastia.

— Oh ! enfants ! enfants ! Comme cet âge est dangereux. Il n’y a rien à faire,