Page:Dostoïevski - Les Précoces.djvu/28

Cette page a été validée par deux contributeurs.


Cette dame était du même âge que Anna Fédorovna et aussi sa grande amie. Son mari, le docteur, était parti depuis un an, d’abord à Orenbourg, puis à Tachkent, et l’on n’avait plus de ses nouvelles depuis six mois. Sans son amitié pour Mme Krasotkine qui la consolait, cette pauvre dame se fut desséchée de douleur.

Il se trouvait justement ce jour-là, et pour comble de malheur, que Katérina, l’unique bonne de la locataire, avait eu l’idée de mettre au monde un petit enfant, et comme elle était une excellente domestique, sa maîtresse l’avait conduite en lieu propice, chez une sage-femme, où elle était restée avec elle. On avait même eu besoin le matin du concours de Mme Krasotkine, qui pouvait obtenir, en cette occasion, la protection de quelque personnage et prouver avec son amitié