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ment qui nous a peut-être rendus meilleurs en nous unissant dans un même amour pour ce pauvre petit. Mes chers amis, permettez-moi de vous appeler ainsi, mes chers enfants, vous n’allez peut-être pas comprendre ce que je vais vous dire, car je parle souvent d’une façon difficile à comprendre ; mais cherchez pourtant à vous graver ce que je dis dans votre tête, car un jour vous me comprendrez, j’en suis sûr. Sachez donc que rien n’est plus élevé, plus saint, plus utile dans la vie qu’un bon souvenir, surtout quand on l’emporte de l’enfance, de la maison paternelle. On vous parle beaucoup d’éducation, et pourtant un bon souvenir que l’on garde de l’enfance est peut-être la meilleure des éducations. Si l’homme trouve dans sa vie beaucoup de ces souvenirs, son existence peut être tranquille, et si même il n’en garde qu’un seul au cœur, ce