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— Mais vous allez abîmer les fleurs, dit Alexey, et pourtant la maman vous attend, et elle pleure parce que vous ne lui avez pas donné tout à l’heure les fleurs d’Ilioucha. Puis il y a là encore le lit d’Ilioucha…

— Oui, oui, c’est vrai, il faut aller chez la maman, fit tout à coup Sneguirev, comme s’il se souvenait. — On apportera aussi le petit lit.

Et il courut à la maison. Le chemin était court, et tous arrivèrent ensemble.

Sneguirev ouvrit la porte précipitamment, et s’adressant à sa femme qu’il avait si maltraitée tout à l’heure :

— Ma petite maman, ma chérie, Ilioucha t’envoie des fleurs. Tes petites jambes malades, criait-il, lui tendant le bouquet de fleurs gelées et froissées, qu’il avait brisé en se débattant sur la neige.

Mais, à ce moment, il aperçut devant