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en pleurs », qui s’efforçait de se dresser sur ses jambes malades pour voir de plus près son petit mort.

Les enfants avaient aussi porté tout près de la bière Ninotchka dans sa chaise. Elle restait là, penchant la tête sur le mort et pleurant doucement.

Le visage de Sneguirev était animé et exaspéré. Il avait dans ses gestes et dans les paroles qui lui échappaient quelque chose d’un fou.

— Batiouchka, mon cher batiouchka[1], s’exclamait-il à tout propos en regardant Ilioucha.

Il avait cette habitude du vivant même d’Ilioucha de lui dire en signe de tendresse : Batiouchka ! mon cher batiouchka !

— Papa, donne-moi aussi des fleurs, prends-en dans sa main, celle-ci, la

  1. Petit père.