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Il fut indélicat au point d’afficher un certain mépris devant sa mère, montrant ainsi qu’il voyait bien ce que visait Dardanelov.

L’événement du chemin de fer eut pourtant ce résultat de faire changer son attitude à ce sujet ; il n’osait plus faire d’allusions et parlait de Dardanelov avec une sorte de respect. Anna Fédorovna remarqua bien vite ce changement et lui en témoigna une profonde reconnaissance, ce qui ne l’empêchait pas de rougir comme une rose si quelqu’un y faisait, devant Kolia, une allusion quelconque.

Kolia, lui, se contentait de froncer les sourcils en regardant par la fenêtre, ou feignant de voir si ses chaussures ne s’usaient pas, ou encore d’appeler Pérezvon un vilain et sale chien qu’il avait eu on ne sait d’où le mois précédent, et qu’il gardait mystérieusement