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m’en veux de n’être pas venu plus tôt ! s’écria Kolia avec amertume.

— Oui, c’est bien regrettable. Vous avez vu vous-même quelle impression de joie vous avez faite sur le pauvre petit et combien il se chagrinait en votre attente.

— Ne m’en parlez pas, cela me fait de la peine. Je n’ai que ce que je mérite, au reste. Je ne suis pas venu voir Ilioucha par amour-propre, par un amour propre égoïste et le bas désir de m’imposer, sentiment dont je ne peux me défaire et que j’ai combattu en moi toute ma vie. Je le vois bien maintenant, Chestomazov, je ne suis qu’un vaurien.

— Non, vous êtes une nature excellente mais déviée de son chemin ; et maintenant je ne comprends que trop votre influence sur cet enfant d’esprit si noble et impressionnable jusqu’à la maladie.

— Et c’est vous qui me le dites ? Eh