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ment de la tristesse de voir une bonne nature comme la vôtre, qui à peine a commencé de vivre, être aussi dévoyée par des sornettes grossières.

— De ma nature, ne vous en inquiétez pas. Je suis soupçonneux, c’est vrai, bêtement, grossièrement même. Je vous ai vu sourire tout à l’heure, et il me semblait que vous…

— Je souriais pour une cause tout à fait différente et que voilà : j’ai lu récemment un article d’un Allemand qui a vécu en Russie, au sujet de la jeunesse studieuse actuelle. « Montrez, écrit-il, à un écolier russe une carte du ciel dont il n’a encore jamais eu connaissance, et le lendemain il vous rapportera la carte corrigée. »

Peu de savoir et une suffisance sans bornes ; voilà ce que l’Allemand voulait dire de l’écolier russe.

— Mais cela est absolument vrai, fit