Page:Dostoïevski - Les Précoces.djvu/218

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


on a voulu qu’on s’ennuyât davantage. On était déjà assez abruti ; que pouvait-on faire pour nous abrutir davantage ? On a inventé les langues classiques. Voilà mon opinion absolue, et j’espère n’en changer jamais, conclut Kolia d’un ton bref, et une pointe de rouge monta à ses joues.

— C’est pourtant vrai, dit d’une voix sonore Smourov, qui l’avait écouté attentivement.

— Et cependant il est premier en latin, dit l’un des enfants.

— Oui, papa, il parle comme cela, et il est tout de même le premier de notre classe en latin, confirma Ilioucha.

Kolia pensa qu’il était nécessaire de se défendre, bien que flatté par cet éloge.

— Et qu’est-ce que cela prouve ? J’apprends le latin parce qu’il faut que je l’apprenne et que j’ai promis à ma