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préparé depuis longtemps, disait-il d’une voix toute joyeuse.

— Non, faites m’en cadeau à moi plutôt, demanda tout à coup la « maman » comme eût fait un enfant.

L’inquiétude qu’elle avait de ne pas avoir le canon perçait sur son visage.

Kolia se troubla. Quant au capitaine, il s’agitait, fort inquiet aussi.

— Maman, maman, dit le capitaine en allant à sa femme. Le canon est à toi, à toi. Il restera à Ilioucha parce qu’on le lui a donné ; mais c’est comme s’il était à toi ; il te le prêtera pour jouer, il sera à vous deux…

— Non, je n’en veux pas pour nous deux, je le veux tout à fait pour moi, pas pour Ilioucha, exclama la « maman », prête à fondre en larmes.

— Prends-le, maman, fit Ilioucha.

— Krasotkine, je puis le lui donner, n’est ce pas ? dit-il à Kolia d’un ton