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d’un ton d’importance et tout en prenant le morceau. — Non, elle n’est pas chaude. Je demande cela parce que les chiens n’aiment pas manger chaud. Regardez bien tous, maintenant. Ilioucha, regarde, mon vieux ! Pourquoi ne regardes-tu pas ? Je l’amène exprès et tu ne regardes même pas.

Le nouveau tour de Pérezvon consistait à rester immobile, le morceau de viande droit sur le nez, puis il fallait rester ainsi jusqu’à ce que le maître eût décidé, et cela pouvait durer une demi-heure. Heureusement pour Pérezvon, cela ne dura cette fois qu’un instant.

— Attrape ! s’écria enfin Kolia, et aussitôt le morceau passa du nez de Pérezvon à sa bouche.

Il va sans dire que le public applaudit avec transports.

— Alors ce n’était que pour cela, pour dresser ce chien, que vous êtes resté si