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s’approchait avec un bruit formidable.

— Sauve-toi ! sauve-toi ! crièrent à Kolia les gamins mourants de frayeur.

Il était déjà trop tard : le train arriva et passa comme un éclair.

Les gamins se précipitèrent vers Kolia. Il restait immobile. On se mit à le secouer et à le soulever. Tout à coup il se releva lui-même et descendit le talus en silence.

Quand il fut en bas, il déclara qu’il était resté ainsi sans connaissance pour les effrayer, mais la vérité était qu’il avait bien perdu connaissance comme lui-même l’avoua longtemps, bien longtemps après à sa mère.

C’est ainsi que Kolia s’acquit pour toujours une renommée de casse-cou.

Il rentra à la maison pâle comme un linge. Il eut le lendemain une fièvre nerveuse, mais il avait l’esprit libre et content.