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bitaient la gare même et les autres dans le voisinage. Ils avaient tous de douze à quinze ans et deux d’entre eux étaient de notre ville.

Les gamins jouaient donc ensemble, le troisième ou le quatrième jour de l’arrivée de Kolia, à la gare, quand il s’en gagea entre eux un pari de deux roubles fort stupide, comme on va voir : Kolia, qui était le plus jeune et que pour cette raison les autres méprisaient un peu, proposait de se coucher la nuit entre les rails pendant le passage d’un train et de rester là, immobile, jusqu’à ce que tous les wagons fussent passés.

On rit d’abord des études préparatoires qui démontrèrent qu’on pouvait ainsi s’aplatir entre les rails sans que le train pût toucher celui qui serait dessous. Mais, malgré tout, il fallait l’oser !

Kolia affirmait obstinément qu’il le tenterait. On se moquait de lui, le trai-