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leux quand ils retiennent longtemps leurs larmes, quand le grand chagrin leur vient, elles jaillissent tout à coup, non plus comme des larmes, mais comme des torrents. Et tout à coup, c’est de ces torrents qu’il a inondé mon visage. Il était tout secoué par les sanglots et me serrait entre ses bras. Moi, je restais atterré sur la pierre.

— Petit papa ! mon petit papa ! mon cher petit papa, comme il t’a humilié !…

Alors moi aussi je fondis en larmes, et nous restâmes là tous les deux, secoués par la même émotion.

« Mon petit papa ! mon petit papa ! » me répétait-il. Et moi je lui répondais à mon tour : Ilioucha ! mon petit Ilioucha ! » Personne ne nous a vus en ce moment-là. Dieu seul a été témoin. Peut-être me comptera-t-il aussi cela dans mes états de service… Remerciez donc votre frère, Alexey Fédorovicth ! Quant à