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J’essaye de le ramener à la conversation de la veille, mais il ne répond pas. Je sens seulement ses petits doigts trembler dans ma main. « Eh ! me dis-je, cela va mal, il y a du nouveau. »

Nous arrivâmes comme nous faisons maintenant jusqu’à cette pierre. Je m’y assis avec lui. À ce moment, on lançait des cerfs-volants. Il y en avait là une trentaine, tous bourdonnants et tournoyants. C’est la saison, vous savez.

— Eh bien ! Ilioucha, lui dis-je, il serait temps de lancer notre cerf-volant de l’année dernière. Il faudra que je le répare. Où l’as-tu rangé ?

Il ne me répond toujours rien et regarde de l’autre côté. Tout à coup, le vent se met à souffler plus fort en soulevant la poussière. Il se jette sur moi, enlace mon cou de ses petites mains en m’étreignant. Vous savez bien, quand les enfants sont silencieux et orgueil-