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— Quoi ? lui demandai-je. Je voyais ses yeux s’allumer.

— Comme il t’a… papa… Comme il t’a…

— Que faire, Ilioucha ?

— Ne te réconcilie pas avec lui, papa, ne te réconcilie pas. Les écoliers disent qu’il t’a donné dix roubles pour cela.

— Non, Ilioucha, lui dis-je. Je ne recevrai d’argent de lui pour rien au monde.

Alors il trembla de tout son corps, saisit ma main dans ses deux petites mains et se mit à les baiser.

— Papa, me dit-il, papa, provoque-le en duel. À l’école, on se moque de moi, on dit que tu es lâche, que tu ne le provoqueras pas en duel, mais prendras ses dix roubles

— Le provoquer en duel, Ilioucha, cela m’est impossible, lui répondis-je. El je lui donnai les mêmes raisons que je viens de vous exposer à vous.