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quelque chose de sensé ! » — C’est vrai, Varvara Nikolaievna, lui répondis-je. Est-ce qu’il peut y avoir chez nous quelque chose de sensé ? Et là-dessus je mis fin à la discussion.

Vers le soir, je pris mon gamin pour me promener avec lui.

Il faut vous dire que chaque soir, avant cet événement, nous allions nous promener en suivant ce chemin même où nous passons en ce moment, depuis notre porte jusqu’à cette grande pierre qui se dresse là-bas toute seule, comme un orphelin, près de la haie et où commencent les champs. C’est un endroit désert très bien approprié. Nous marchions donc ainsi avec Ilioucha, moi tenant sa main dans la mienne, selon notre habitude. Il a une main toute petite, ses doigts sont minces et froids. Vous savez qu’il souffre de la poitrine.

— Papa, me dit-il, papa.