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pauvre père que je suis, j’ai agi. N’est-ce pas sur ses ordres à elle et sur ceux de votre père Fédor Pavlovitch que je l’ai fait ?

— De plus, m’a-t-elle dit encore, je te chasserai pour toujours et tu ne gagneras plus rien chez moi. Je le dirai à mon marchand (c’est ainsi qu’elle appelle le vieux qui l’entretient), et il te chassera lui aussi. » Et j’ai pensé alors que si le marchand aussi me chassait, je ne saurais plus où travailler. Je n’ai plus qu’eux deux, car votre père, Fédor Pavlovitch, non seulement a cessé d’avoir confiance en moi pour une raison qui n’a rien à faire ici, mais encore, tout en ayant ma signature, il a voulu me traîner devant le juge. Et voilà comment il m’a fallu me taire…

Mais permettez-moi maintenant de vous demander : Vous a-t-il bien douloureusement mordu votre petit doigt,