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venez, mais uniquement poussé par la noblesse de vos sentiments. Il fallait alors me le dire. Eh bien, dans ce cas, permettez-moi de vous raconter comment il a exprimé, lui, ses sentiments de haute noblesse et de chevalerie.

Quand il eut fini de me traîner par ma Motchalka et qu’il me laissa libre : « Toi, me dit-il, tu es un officier, et moi aussi. Si tu peux trouver pour témoin un honnête homme, envoie-le-moi, je te donnerai satisfaction, bien que tu sois une canaille ! » Voilà ce qu’il m’a dit. Quel esprit vraiment noble et chevaleresque ! Nous nous sommes alors retirés avec Ilioucha, tandis que ce tableau filial et généalogique se gravait pour toujours dans l’âme de l’enfant. Non, ce n’est pas à nous d’avoir ces sentiments des nobles. Et puis, jugez-en vous-même. Vous avez daigné tout à