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ment pu commettre dans la colère et dans la passion. Je n’ai même pas la force de vous raconter tout cela, et je m’y embrouille. J’ai pris des renseignements sur cet homme humilié et j’ai appris qu’il est très pauvre. Il s’appelle Sneguirev. Il a commis je ne sais quelle faute étant au service, pour laquelle on l’a mis à la retraite. Il a une femme folle, deux enfants malades, et il est tombé avec eux dans la plus profonde indigence. Depuis longtemps il habite notre ville ; il a fait jadis des écritures, mais il n’a plus maintenant aucun travail. Alors j’ai pensé à vous. Je ne sais pas si je m’explique bien… Je voulais vous prier, Alexey Fédorovitch, mon bon Alexey Fédorovitch, d’aller le trouver, d’entrer chez ce capitaine sous un prétexte quelconque, et délicatement, avec prudence, comme vous seul savez le faire (Alexey rougit), de lui faire accepter ce secours