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a commis une action injuste et même coupable. Il y a ici un lieu mal fréquenté, un tractir, où il a rencontré ce même capitaine en retraite que votre père employait pour certaines affaires d’argent. On ne sait pourquoi Dimitri Fédorovitch eut une discussion avec ce capitaine, et devant tout le monde, il le prit par la barbe, le conduisit jusqu’à la rue dans cette position humiliante, et longtemps encore il le traîna ainsi. On m’a raconté que le fils de ce capitaine, qui est élève à l’école de la ville, un tout jeune enfant, assistait à ce spectacle, courait près de son père et pleurait à chaudes larmes, en suppliant tout le monde de le défendre. Personne n’écouta l’enfant et l’on se moqua de lui.

Pardonnez-moi, Alexey Fédorovitch, mais je ne puis me souvenir sans une émotion pénible de cette action indigne, une action que Dimitri Fédorovitch a seule-