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l’encre. Les deux poches de son pardessus étaient bondées de pierres.

Alexey s’arrêta devant lui, à deux pas, en l’interrogeant du regard.

Le gamin devinant aux regards d’Alexey qu’il n’était pas venu dans une intention hostile quitta son attitude provocante et lui adressa le premier la parole.

— Je suis seul, et ils sont six ; et tout seul je les battrai ! s’écria-t-il les yeux flamboyants.

— Une pierre a dû vous frapper en vous faisant beaucoup de mal, remarqua Alexey.

— Et moi j’ai atteint Smourov à la tête, fit l’autre.

— Ils m’ont dit là-bas que vous me connaissiez et que vous m’aviez jeté une pierre parce que vous m’en voulez de quelque chose, dit Alexey.

Le gamin jeta sur lui un regard triste.