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humeur au cours de presque toute cette journée et, par suite, sur mes relations subséquentes avec quelques-uns des personnages de ce récit. Je voulus saluer, mais ne pus en venir à bout : je rougissais encore davantage, me précipitai vers mon oncle, m’emparai de ses mains et m’écriai d’un voix haletante :

— Bonjour, mon oncle !

Mon intention était de dire quelque chose de très fin, mais je ne trouvai que : « Bonjour, mon oncle ! »

— Bonjour, bonjour, mon cher ami, répondit l’oncle qui souffrait pour moi. Nous nous sommes déjà vus. Mais, ajouta-t-il à voix basse, sois donc plus brave ; je t’en supplie ! Cela arrive à tout le monde. Parfois, on ne sait quelle figure faire !... Permettez-moi, ma mère, de vous présenter notre jeune homme que vous aimerez certainement. Mon neveu Serge Alexandrovitch, — dit-il en s’adressant à toute la compagnie.

Mais, avant d’aller plus loin, je demande au lecteur la permission de lui présenter les personnages qui m’entouraient. C’est indispensable pour l’intelligence de cette histoire.

Il y avait là plusieurs dames et seulement deux hommes, outre mon oncle et moi. Foma Fomitch