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— Une seule question, Gavrilo : comment est-il de sa personne ? Est-il bien pris ? De belle prestance ?

— Foma Fomitch ? Mais non, petit père ! C’est un petit malingre, chétif !

— Hum ! Attends, Gavrilo. Tout cela peut s’arranger encore et je te promets que ça s’arrangera. Mais où est donc mon oncle ?

— Il donne audience aux paysans derrière les écuries. Les anciens de Kapitonovka sont venus lui présenter une supplique à la nouvelle qu’il les donnait à Foma Fomitch. Ils viennent le prier de n’en rien faire.

— Pourquoi ça se passe-t-il derrière les écuries ?

— Parce que Monsieur a peur !...

Et en effet, je trouvai mon oncle à l’endroit indiqué. Il était debout devant les paysans qui le saluaient et lui disaient quelque chose à quoi il répondait avec animation. M’approchant, je l’appelai ; il se retourna et nous nous jetâmes dans les bras l’un de l’autre.

Sa joie de me voir touchait au ravissement. Il m’embrassait, me pressait les mains, comme s’il eut revu son propre fils sauvé d’un danger mortel ; comme si je l’eusse sauvé, lui aussi, par mon