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qui faisait des imitations d’animaux pour distraire le général Krakhotkine ? Et aujourd’hui, le colonel, votre oncle, respecte ce paillasse comme son propre père !... Pouah !

— Pauvreté n’est pas vice, et je vous avoue... Permettez-moi de vous demander... Est-il beau ? intelligent ?

— Foma ? Comment donc, mais très beau ! répondit Bakhtchéiev d’une voix tremblante de colère. — Mes questions l’agaçaient et il commençait à me regarder de travers. — Très beau ! Non ; vous l’entendez ; il croit que Foma est beau ! Mais, mon petit père, il ressemble à tous les animaux, si vous voulez le savoir. Ah ! s’il était intelligent, seulement, on s’en arrangerait... Mais rien ! Il faut qu’il leur ait versé à tous quelque philtre de sorcier. Je suis las d’en parler. Il ne vaut pas un crachat. Vous me mettez en colère ! Eh bien, là-bas, est-ce prêt ?

— Il faut ferrer Voronok, répondit Grigori d’un ton lugubre.

— Voronok ? Je vais t’en donner du Voronok !... Oui, Monsieur, je suis en mesure de vous raconter de telles choses que vous en resterez bouche bée jusqu’au deuxième avènement. Il fut un temps où je l’estimais, ce Foma. Oui, je vous le confesse,