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Et puis d’ailleurs, mène-moi-z’y... Pourquoi ne pas aller avec un brave homme ? Inutile de m’apporter un oreiller ! Un militaire n’a pas besoin d’oreiller !... Prépare-moi un canapé... un canapé... Puis, écoute... Je vois que tu n’es pas méchant... Prépare-moi donc aussi... tu comprends ?... Du rhum, quoi !... Un tout petit verre, pour chasser la mouche, rien que pour chasser la mouche !

— Entendu... parfait ! répondait Mizintchikov.

— Bien, mais... attends donc. Il faut que je prenne congé... Adieu, mesdames et mesdemoiselles ! Vous m’avez, pour ainsi dire... transpercé le cœur... Mais bon ! je ferai ma déclaration plus tard... Réveillez-moi seulement vers le commencement, ne fût-ce que cinq minutes avant le commencement... Mais ne commencez pas sans moi ; vous entendez !

Et le joyeux gaillard sortit en compagnie de Mizintchikov.

Tout le monde se taisait. L’étonnement ne se dissipait pas. Enfin, Foma se mit à ricaner doucement et peu à peu, son rire se fit plus franc, ce que voyant, la générale commença à s’égayer aussi, malgré que son visage ne perdît rien de son air de dignité outragée. Le rire gagnait de tous côtés. Mais mon oncle restait sur place, comme as-