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à la recherche du malaga, poursuivie par les cris de toutes ces dames qui se pressaient autour de Foma comme des mouches autour d’un pot de confitures. L’indignation de M. Bakhtchéiev ne fut pas mince.

— Voilà qu’il lui faut du malaga ! grommela-t-il presque à voix haute. Il lui faut un vin dont personne ne boit ! Dites-moi maintenant à qui l’on donnerait du malaga si ce n’est à une canaille comme lui ? Pouah ! Les tristes sires ! Mais qu’est-ce que je fais ici ? qu’est-ce que j’attends ?

— Foma, commença mon oncle haletant et constamment obligé de s’interrompre, maintenant que te voilà reposé, que te voilà revenu avec nous... c’est-à-dire, Foma, je pense, qu’ayant offensé une innocente créature...

— Où ? où est-elle, mon innocence ? fit Foma, comme dans un délire de fièvre. Où sont mes jours heureux ? Où es-tu, mon heureuse enfance, quand, innocent et beau, je poursuivais à travers les champs le papillon printanier ? Où est-il ce temps ? Rendez-moi mon innocence ! Rendez-la-moi !...

Et, les bras écartés, Foma s’adressait successivement à chacun des assistants, comme si quelqu’un d’eux l’eût eue en poche, cette innocence.