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— Non, Foma, vois-tu, je parle des journaux, fit-il avec confusion et dans l’espoir de se justifier. Tu avais raison de me dire qu’il fallait s’abonner. Je suis de ton avis. Hum !... les revues propagent l’instruction ! On ne serait pour la patrie qu’un bien triste enfant si l’on ne s’abonnait pas. N’est-ce pas, Serge ?... Hum !... Oui... Prenons, par exemple, le Contemporain... Mais, tu sais, Sérioja, les plus forts articles scientifiques se publient dans cette grosse revue... comment l’appelles-tu ?... avec une couverture jaune...

Les Mémoires de la Patrie, petit père.

— C’est cela ! Et quel beau titre ! n’est-ce pas, Serge ? C’est pour ainsi dire toute la patrie qui prend des notes !... Quel but sublime ! Une revue des plus utiles ! Et ce qu’elle est volumineuse ! Allez donc éditer un pareil ballot ! Et ça vous contient des articles à vous tirer les yeux de l’orbite... L’autre fois j’arrive, je vois un livre. Je le prends, je l’ouvre par curiosité et j’en lis trois pages d’un trait. Mon cher, je restai bouche bée ! On parlait de tout là-dedans : du balai, de la bêche, de l’écumoire, de la happe. Pour moi, une happe n’est qu’une happe. Eh bien pas du tout, mon cher. Les savants y voient un emblème, ou une mythologie ; est-ce que je sais ?