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d’Obnoskine. Quant à Ivan Ivanovitch Mizintchikov, qui est un homme de bonne vie et mœurs, il se prépare à nous accompagner dans cette poursuite.

— Que dites-vous ? criai-je en sautant à bas de mon lit, est-il possible que ce soit avec Obnoskine ?

— Diable d’homme ! fit le gros père en trépignant sur place, je m’adresse à lui comme à un homme instruit ; je lui fait part d’une nouvelle et il se permet d’avoir des doutes ! Allons, mon cher, assez bavardé ; nous perdons un temps précieux ; si tu veux venir avec nous, dépêche-toi d’enfiler ta culotte !

Et il sortit, indigné. Tout à fait surpris, je m’habillais au plus vite, et descendis en courant. Croyant que j’allais trouver mon oncle en cette maison où tout semblait dormir dans l’ignorance des événements, je gravis l’escalier avec précaution et, sur le palier, je rencontrai Nastenka vêtue à la hâte d’une matinée ; sa chevelure était en désordre, et il était évident qu’elle venait de quitter le lit pour guetter quelqu’un.

— Dites-moi, est-ce vrai que Tatiana Ivanovna est partie avec Obnoskine ? demanda-t-elle avec précipitation. Sa voix était entrecoupée ; elle était très pâle et paraissait effrayée.