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ne vous épouserai pas non plus et, dès demain, je pars pour m’enfermer dans un couvent. »

— Mon Dieu ! elle a dit cela !... Après, mon oncle, après ?

— Tout à coup, je vois Foma devant nous ! D’où venait-il ? S’était-il caché derrière un buisson pour paraître au bon moment ?

— Le lâche !

— Le cœur me manqua. Nastenka prit la fuite et Foma Fomitch passa près de moi en silence et me menaçant du doigt. Comprends-tu, Serge, comprends-tu le scandale que cela va faire demain ?

— Si je le comprends !

— Tu le comprends ! s’écria mon oncle au désespoir, en se levant de sa chaise. Tu le comprends, qu’ils veulent la perdre, la déshonorer, la vouer au mépris ; ils ne cherchaient qu’un prétexte pour la noter faussement d’infamie et pouvoir la chasser. Le prétexte est trouvé. On a dit qu’elle avait avec moi de honteuses relations ; on a dit aussi qu’elle en avait avec Vidopliassov ! C’est Anna Nilovna qui a lancé ces bruits. Qu’arrivera-t-il à présent ? Que se passera-t-il demain ? Est-il possible que Foma parle ?

— Il parlera, mon oncle, sans aucun doute !

— Mais s’il parle, s’il parle seulement !...