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— Mais sur quoi vous basez-vous pour croire qu’ils s’aiment ?

— Il est impossible de ne pas s’en apercevoir, et je crois qu’ils se donnent des rendez-vous. On a même été jusqu’à les prétendre en relations intimes. Seulement, n’en parlez à personne. C’est un secret que je vous confie.

— Comment croire une telle chose ? m’écriai-je. Est-ce que vous y croyez ?

— Je n’en ai certainement pas la certitude absolue, n’ayant pas vu de mes yeux. Mais c’est fort possible.

— Comment ? Mais rappelez-vous la délicatesse, l’honnêteté de mon oncle.

— J’en suis d’accord. Cependant on peut se laisser entraîner, comptant réparer cela plus tard par un mariage. On est si facilement entraîné ! Mais, je le répète, je ne garantis pas la véracité de ces faits, d’autant plus que ces gens-là ne la ménagent pas. Ils l’ont même accusée de s’être donnée à Vidopliassov.

— Eh bien, voyons, est-ce possible ? m’écriai-je. Avec Vidopliassov ! Est-ce que le seul fait d’en parler n’est pas répugnant ? Vous n’y croyez pas ?

— Je vous dis que je ne crois à rien de tout cela, répondit Mizintchikov avec la même placi-