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— D’ailleurs, on écrit aussi fort bien de nos jours, dit Anfissa Pétrovna, se mêlant prudemment à la conversation. Ainsi, tenez : Les Mystères de Bruxelles.

— Je ne suis pas de votre avis, répondit Foma, comme à regret. Il n’y a pas longtemps que j’ai encore lu un de ces poèmes… Quoi ! C’est toujours les myosotis ! Si vous voulez le savoir, celui que je préfère parmi les nouveaux écrivains, c’est encore le « Pérépistchik[1] » il écrit d’une plume légère !

— Pérépistchik ! s’écria Anfissa Pétrovna, celui qui écrit des lettres dans le journal ? Ah ! c’est ravissant ! Quel jeu de plume !

— Précisément ! Il joue, pour ainsi dire, avec sa plume qu’il a d’une légèreté surprenante.

— Bon ! mais c’est un pédant, remarqua Obnoskine avec nonchalance.

— Pédant, oui, je n’en disconviens pas ; mais c’est un aimable, un gracieux pédant ! Certes, aucune de ses idées ne saurait supporter une sévère critique, mais on est entraîné par cette plume facile ! Un bavard, je vous l’accorde, mais un aimable, un gracieux bavard ! Avez-vous

  1. Le Copiste. Pseudonyme d’un écrivain.